23/01/2013

cry baby, cry!

Ma mamy est morte. Il y a un mois. J’ai pas pleuré. Pas trop. Moins que tout le monde. Mais là. Je comptabilise cinq beaux jours de déprime larmoyante au compteur. Une bombe à retardement m’a explosé à la gueule. L’onde dépressive ne cesse de gagner du terrain. S’agit pas d’émettre un quelconque avis sur la cuisson du poulet sans que je prenne la mouche en mode gémeaux ascendant scorpion (ouais, je sais, j’suis pas gâtée par les étoiles… ). J’me dis que je devrais, de tout urgence, contacter ma psy aux belles chaussures  - que je n’ai plus vue depuis trois ans, preuve que je suis une fille équilibrée et heureuse -  mais j’ai pas que ça à foutre. Passons.  Tu veux connaître précisément mes occupations, curieux petit lecteur… Mais comme je te comprends, moi aussi, si je ne la vivais pas, cette trépidante vie, je voudrais qu’on me la raconte dans les moindres détails ! Je vais te narrer, te conter, te bonnir, te… Soit. Depuis cinq jours, le matin, j’me lève. Luv coloc dort encore. Incompréhensible, me diras-tu ! Comment trouve-t-il le sommeil alors que cette magnifique fille en nuisette dentelle sexy se meut hors du lit (pyjama doudou, chaussettes, t-shirt XXL, pas démaquillée, yeux gonflés et tignasse de sorcière. Sérieusement, j’suis mariée, il fait moins douze dehors va niquer ta mère si tu me juges ok !) ? I dont know…. En mode Z3PO, je me dirige instantanément vers la machine à café. J’ouvre la porte du salon, qui grince depuis le début de l’hiver, faute au bois qui travaille, que des fois, j’ai envie de poser mon cul dans le couloir tellement j’en peux plus de ce grincement de misère qui me fait mal aux dents… Putain, ‘s’cuse, j’ai oublié, avant ça, je passe quand même à la salle de bain, déprimée, en mode carolo de la nuit mais pas dégueu, tu permettras ! Donc, une fois l’épisode désagréable de l’ouverture de la porte passé, je m’étale gracieusement dans mon divan, j’allume une de mes six clopes de la journée, et je checke le vide intergalactique du net. Ca me prend deux heures pour constater que je suis pas la seule à flirter avec le côté obscur. Une fois rassurée, je fais des « to-do » listes.  Généralement, là, je pleure pour la première fois de la journée. Du coup, je file regarder les chaussures. Des fois, je regarde motus. Il est onze heures. J’ai encore rien foutu. J’suis encore en pyjama. Luv coloc apparaît (pas que luv coloc soit un fainéant, mais luv coloc créée des trucs pendant la nuit, il est en perpétuel décalage… la vie d’artiste), et ne me dis pas bonjour assez vite. Deuxième crise de larmes (oui, je sais, si je continue comme ça, il va se barrer… Mais bon. J’écris pour aller mieux, on verra au prochain post…). On arrive facilement au JT de treize heures. Des fois, je me suis déjà brossée les cheveux….Les bons jours. Carrément, j’t’ai habitué à mieux, je sais, tu dois être terriblement déçu! Après, je nettoie. Puis je regarde des épisodes que j’ai déjà vu de « The big bang theory » et j’rigole aux blagues qui n’en sont pas de Sheldon. Je mange des chips trempés dans du coca. Même pas peur. J’prend mes hormones (t’sais bien le truc du bébé qui veut pas venir tout de suite) et, donc, je pleure encore (parce que j’ai peur des aiguilles, bordel, combien de fois encore vais-je devoir te rappeler cette unique constante de ma vie ? Hein ?) Quoi ? Tu dis ? c’est peut-être les hormones. Ouais, t’as raison. C’est peut-être ces merdes qui me dérèglent la résilience… Mais putain, ‘reusement que t’es là lecteur ! Plus sérieusement, je vais me forcer à retourner à l’atelier retaper de fauteuils, à aller boire des laits russes dans mon café pourri avec mes biatches, je te promets, ça va pas durer, je vais reprendre le contrôle. Pour m’aider, tu peux m’acheter des Louboutins, ce serait sympa, ça m’aiderait au moins à péter un câble constructif. Merci. Je te le rendrai bien, t’inquiète.

18:29 Écrit par Tout de bon! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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