24/08/2011

back in the day

Je trouve pas le sommeil, je viens avec toi gaspiller mon temps et le tien. En fumant une petite clope, comme à l'habitude, dans le semi pénombre. Encore. Comme une histoire qui se répète, ce perpétuel décor planté. Comme un air de déjà vu. Pourtant, plus apaisée, les sentiments sont différents. Cette année, c'est con à dire, j'aime un homme que j'ai aimé. Avant, presque comme une enfant. Sans sagesse, avec excès. Viens avec moi, on se tape un petit flashback d'une bonne dizaine d'années...La première fois que je l'ai rencontré, j'enregistrais un documentaire radiophonique sur les murs, les murs tagués, le tag en zo voort dans un entrepôt désaffecté. J'étais concentrée, trop d'écho, pas le bon micro, pas en mode "cherche un mec désespérément" mais boulot à peaufiner. Il était curieux et s'intéressait pas mal au matos, je lui ai mis le casque sur les oreilles, pour qu'il entende le froid et l'eau, le béton et la mousse verte qui le recouvre. Il a sourit. Il a secoué sa bombe, écouté à travers les fils et les ondes la bille qui flirte avec la paroi. M'a rendu mon casque, a regardé à son mur. Et s'est remis à peindre. J'arrive plus à me souvenir, mais je pense, après cela, le sourire, plus un mot. Puis, la semaine suivante, il est venu me chercher, en parfait gentleman, ponctuel, bien rasé. Il conduisait, moi, j'en profitais pour regarder son profil, ses mains, l'air de rien. Ses mains. J'ai toujours aimé les hommes avec de belles mains, longues et noueuses. Un peu usées aussi. Il avait de très belles mains, en changeant la vitesse, il m'a frôlé la cuisse, et j'ai eu des frissons. Début d'une histoire. Comme le morceaux de Mano Solo « Au creux de ton bras », parsemée de longues heures d'attente, il était l'homme que je n'avais pas. Mais dans mon lit. Des nuits orageuses et moites, au propre comme au figuré. Des ruptures qui nous rendaient encore plus dépendants, plus impatients. Devenue un pro du jeu. Une fois, il a plus voulu de moi. J'ai placardé la ville d'un collage WANTED avec sa gueule dessus. Il m'a appelée tellement il balisait grave. Avec excès, je te dis. Je peux pas vraiment te bonnir le moment exact ou tout cela a basculé en tranquillité vers une chaleur apaisante. Aujourd'hui, quand j'ouvre les yeux, c'est son visage endormi et son souffle chaud. Chaque jour. Tous les jours. Après tout ce chaos. Aujourd'hui. C'est son visage endormi et son souffle chaud qui me font totalement chavirer. Mon Lui.

01:46 Écrit par Tout de bon! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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