17/08/2011

Comme à la maison

T’sais, quand tu as une personnalité complètement borderline comme la mienne, c’est extrêmement éprouvant d’avoir une belle famille. Si, je t’assure. Moi, je module Monsieur, j’atténue, je diminue, je dissimile, je déguise mes élans, mon trop franc parler, mon impolitesse, parfois saucée d’une petite vulgarité…. Je fais un tout petit peu attention. Je te jure, quand je les vois, à leur contact, je suis une fille bien. Et tout. J’ai envie de dire. Presque une fille qui fait pas trop de bruit. Comme l’autre là. Ben écoute, en plus, ça me pose, je dois le reconnaître. Parce que, tu vois, chez ma mère, on parle toujours à trois voix, même si on est cinq. A cause que mon Lui et ma belle-sœur (putain sérieux, mon frère à un meuf quoi !)  arrivent pas à placer un seul mot dans notre chorale de reproches et de fous rires. Chez ma mère, c’est toujours, comment dire, tu vois ça tangue. On sait jamais si c’est le bonheur ou la tristesse qui vont nous submerger. On est l’un à côté de l’autre, mais on est obligé gueuler, je peux parler comme je pense, tout le monde est habitué. Chez ma mère, personne n’oserait me réveiller, chez ma mère, on me laisse dormir, parce que chez ma mère, on sait que je suis de trop mauvaise humeur que putain, connard, pourquoi tu m’as pas laissé dormir, je vais te taper. Non, chez ma mère, on peut presque parler de tout. En tout cas, même si elle a pas envie de l’entendre, elle va t’écouter. C’est sur. Elle est comme ça ma mère. Chez ma mère, je peux dormir tout un samedi dans le divan, et n’ouvrir les yeux que pour mater un épisode de Hooker. Ouais, ça se fait. Chez ma mère, on me laisse d’office la plus grosse part de fraises, tarte à la fraise, glace à la fraise et de melon. Aussi. Chez ma mère, je peux, à trente deux ans, taper mon frère. Et puis pleurer parce qu’il m’a rendu la pareille. Et le summum de truc de chez ma mère… ma mère dit aussi putain à chaque fin de phrase. C’est pas de la famille heureuse qui s’aime ça ? Hein ? Mais alors, quand je reviens de chez ma mère, je suis épuisée. Parce qu’être vraiment moi, c’est fatiguant. Non. Si, je te jure. C’est épuisant. Parce que c’est devenu rare dans la vie que je mène là. Les moments où je peux arrêter de contraindre mes mots au silence. Ben écoute, fais le calcul. Tu passes genre presque neuf heures au boulot ou vers le boulot. Allez, sept à dormir. Une heure pour décompresser quand tu poses ton cul dans ton fauteuil. T’en reste sept mon frère. Et là, t’as de la chance si t’es tombé sur le bon compagnon. Tu te doutes que mon Lui, c’est un peu comme ma mère. Je ne lui épargne rien de mes côtés les plus charmants. Sept heures par jour. Il ramasse grave le petit Lou. Mon frère a raison, lui faut une médaille à ce type. Il est trop fort !

18:39 Écrit par Tout de bon! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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