07/02/2010

Mon carnet.

Les mots me font délirer. Nonobstant, strapontin, nénuphar, casaque, fouine, oracle...Quand j'étais ado, j'avais un carnet de mots. Mes mots préférés. Je l'avais toujours sur moi, j'y consignais tous mes coups de cœur, les enchainements qui sifflent, les consonnes que s'entrechoquent,... Je ne le retrouve plus, n'arrive pas à me souvenir du moment précis de sa perte. Quand m'a-t-il abandonnée? Beh. Nous sommes nous disputés, mon carnet et moi. Pas moyen de remettre la main sur la boîte à boutons de ma grand-mère maternelle. Une chiée de boutons de nacres, de toutes les couleurs, du crème au rosé, de tailles et de formes diverses. Il me semblait l'avoir rangée dans une caisse lors d'un de mes nombreux déménagements. Plus de traces. Je perds des reliques comme mes gants dans les transports en commun. Perturbant. Malgré tout, le souvenir reste vivace. Je me souviens de tous les mots, pas besoin du carnet. Je rêve du chignon volumineux de ma grand-mère Simone, de la couleur poivrée de ses cheveux, des tâches de soleil qui recouvrait ses mains, ces mains-là qui ressemblent étrangement à celles de ma mère. Or, je n'ai jamais connu ma bonne-maman Simone, déjà décédée avant ma naissance. La perte du carnet et de la boîte remonte à plus de sept ans, si je m'en réfère au peu de mémoire qu'il me reste, au sujet des ces objets. Hier, je choisissais un collier. L'un de mes préférés est un bijoux en argent, ornés de pierre de couleur, héritage de Simone. Il fait tellement partie de ma vie, que j'en oublie la symbolique de transmission qu'il représente. Je ne l'ai jamais perdu. A une époque, je le mettais tous les jours, il a visité les Etats-Unis, le Mexique, l'Espagne, et bien d'autres pays. Il a écumé en ma compagnie pas mal de bars, desquels je suis sortie plus que titubante, a participé à un grands nombres de festivals, concerts, spectacles... Et il est toujours là. Mamy Simone est proche de mon cœur, elle orne mon cou. Simone fait partie de ma vie, de toute ma vie. Même si j'ai égaré la boîte à boutons. Quand je ne l'ai plus retrouvée, j'en ai pleuré. Avec le collier qui décorait mon décolleté. Étrangement. Le premier mot du carnet était 'Écrire'... Comme quoi. On ne perd que le futile.

00:26 Écrit par Tout de bon! dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Continue à délirer tu le fais trop bien...

Écrit par : Vicky | 10/02/2010

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