18/12/2009

La fille qui fait pas de bruit.

J’ai vu une fille qui se mouchait sans bruit. Epatant. Une petite chose, si discrète, qui se mouche doucement, range son mouchoir avec délicatesse et continue son shopping, l’air de rien. Elle est élégante, son écharpe, son bonnet et ses gants ne la dérangent aucunement dans son déplacement gracieux entre les rayons. Son sac ne tombe jamais de son épaule, pourtant, elle aussi s’est protégée du froid avec une doudoune volumineuse. Ses cheveux sont bien coiffés. On dirait presque qu’elle sort de chez le coiffeur. Mais non, naturellement, ses cheveux ne font pas de nœuds. Elle n’est pas marquée, pas de cernes, pas de rougeurs, maquillage parfait, maîtrise totale de la technique nude que les magazines ne cessent de promouvoir… Elle est fine, de partout, n’est pas encombrée comme moi par cette poitrine, que je ne sais plus où ranger. Tout son être est si délicat, même le bruit de ses talons sur le sol paraît moins violent que  mes pas. Je me dis, cette fille doit savoir rester à sa place, ne doit s’énerver que très rarement. Ou pour de très solides raisons. Moi, je pars au quart de tour, malgré des cours particuliers, n’arrivent toujours pas à rigoler discrètement. Je fais des efforts, pourtant.  Je sais que les personnes qui sont à mes côtés m ‘aiment pour ce que je suis, ma maladresse, ma spontanéité maladive, mon ‘parler’ cru et toutes ces petites choses qui font de moi ‘une malaaaade’  mais je me demande si je ne dormirais pas mieux en devenant, comme par magie, ce genre de fille. Discrète, qui se mouche doucement. Oui, je pense que je n’aurais plus d’insomnies. Mais franchement, sans intervention divine, je ne serai jamais ce genre de fille. Où pourrais-je ranger mes hanches ? Que faire de cette vivacité, qui, dès le matin, me permet d’être alerte et de gueuler sur les types qui me parlent mal ? Comment retenir mon sourcil gauche, qui remonte légèrement quand je trouve une situation ridicule ? Non, vraiment, je ne vois pas comment y arriver. Woody Allen a dit : « Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté. » Je me sens proche de cet homme, de sa folie et de ses angoisses. Alors, je pense qu’une fois morte, je serai discrète, douce et nette. Bon, ben je vais attendre, longtemps j’espère. A pluche !

20:08 Écrit par Tout de bon! dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Quelle délicatesse dans l'écriture.
Et quel humour au tournant de chaque phrase.
Je reviendrai souvent m'amuser par vos lignes....

Écrit par : Lola | 18/12/2009

merci!

Écrit par : pluche | 19/12/2009

J adore ... mais comment font-elles ?

Écrit par : sé | 19/12/2009

ben oui, comment font-elles?????? Mais bon, moi, quand je ris, tout le monde rit.... c pas mal ça aussi!

Écrit par : pluche | 19/12/2009

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